Route des Grandes Alpes (4/10) : Le Fornet - Valloire

Publié le par Saturnin

Le temps est légèrement couvert ce matin, mais ne semble pas menaçant. Tant mieux, car l’étape qui nous attends est la plus longue de notre périple. C’est aujourd’hui que nous passons par le point culminant, le plus haut col de France, celui de l’Iseran.

 
Nous essuyons quelques petites gouttes pluies au départ, mais rien de bien méchant. Les nuages montant de la vallée semblant vouloir nous épargner en suivant la vallée du Charvet alors nous sommes encore en train de longer la vallée de l’Isère. Nous avons l’occasion d’admirer la splendeur de la montagne et les ravages paysagers de la station de ski.

 

047-La-montagne-et-sa-beaut----la-station-de-ski-et-ses-horreurs.jpgLa montagne et sa beauté, la station de ski et ses horreurs

Au détour d’un virage, nous surprenons quatre marmottes qui prenaient leurs aises sur la route. Il faut dire que la circulation est plutôt clairsemée en cette saison. La montée continue, sans grosse difficulté. Nous grimpons tranquillement, surprenant d’autres marmottes, et évitant soigneusement les nuages. Cela ne durera que jusqu’à 5km du sommet. Un nuage nous surprend dans notre ascension et nous resterons nimbés dedans jusqu’au sommet.

 

Plus possible de profiter des paysages, la visibilité est réduite au minimum. Par sécurité, j’allume mon éclairage arrière. Nous distinguons sur les bas côtés la neige qui fait son apparition. Par moment, la visibilité augmente et nous pouvons constater que la végétation a disparu, nous sommes dans un univers exclusivement minéral. Finalement, le sommet arrive, la température y est de 6°C seulement. Nous décidons donc de nous arrêter au relais pour consommer une boisson chaude.

 

 

Le sommet de l’Iseran dans les nuages
Les conditions ne sont pas aussi nuageuses que lors de ma première ascension en 2003 où j’avais découvert l’existence de la chapelle sommitale sur les cartes postales, ni aussi fraiche que l’année dernière où j’avais gravi les derniers kilomètres du versant Sud dans la neige, mais je désespère de gravir ce col et de jouir enfin pleinement des paysages. Après nous être réchauffés, le soleil semble vouloir percer les nuages, pour notre plus grand plaisir. Avant de repartir, un groupe nous voyant en vélo nous demande le temps nécessaire pour gravir le col depuis Bourg Saint-Maurice. Ce sont les femmes d’un groupe de cyclotouristes de la Vienne qui font eux-aussi la route des Grandes Alpes.

 

049-Le-sommet-de-l-Iseran-avec-un-peu-de-soleil.jpgFinalement, le soleil perce les nuages au sommet de l’Iseran

Je profite de la descente très prudente, à cause de travaux, pour faire des photos. Lors de la traversée d’une zone de travaux, alors que je salue les ouvriers, l’un d’eux me répond que c’est pour nous qu’ils le font. En effet, les coureurs du Tour de France emprunteront cet itinéraire dans quelques semaines.

 

050-La-route-en-direction-du-sommet.jpgLa route en direction du sommet

051-Le-pont-de-la-neige-et-la-descente.jpgLe bien-nommé pont de la neige

052-Vue-sur-la-descente-depuis-le-pont-de-la-neige.jpgLa descente au-delà du pont de la neige

053-Paysage-en-regardant-en-direction-du-sommet.jpgRegard en direction du sommet depuis la Chapelle Saint-Barthélemy

Après Bonneval, superbe village aux maisons de pierre, que nous ne faisons qu’apercevoir, la route ne le traversant pas franchement, la route est plus plate. Et comme bien souvent passé une certaine heure, les vents se sont mis à remonter la vallée. Nous devons donc lutter contre celui-ci pendant les quelques kilomètre nous séparant du col de la Madeleine. Ensuite, il y a une bonne descente pour piquer sur Lans-le-Villard.

 

C’est ici que nous décidons de manger. Alors que nous pique-niquons, nous croisons un cyclotouriste allemand qui nous demande où il peut trouver de quoi s’alimenter. Nous lui indiquons la route du supermarché, les autres commerces étant fermés pendant la coupure méridienne. Nous discutons également avec un couple de suisses, eux-aussi sur la Route des Grandes Alpes. Ils s’inquiètent en voyant que la route entre Lans-le-Villard et Lans-le-Bourg est fermée et craignent des pentes sévères pour rejoindre la station. Nous leur montrons le trajet et les rassurons sur la difficulté à venir.

 

Il faut effectivement grimper un peu pour rejoindre la route du Mont-Cenis, mais rien de bien méchant. Les pourcentages sont tout à fait raisonnables et nous rejoignons rapidement la route du col que nous redescendons. Une fois traversé Val-Cenis, nous constatons que le vent n’a pas faibli, loin de là. Et mis à part la descente rapide sur Termignon, il nous faut pédaler sans discontinuer.

 
Ce passage est assez pénible car les routes sont globalement très rectilignes. Et plus nous descendons, plus le vent forcit. Nous qui pensions profiter de ces nombreux kilomètres majoritairement descendant pour nous relaxer, c’est raté. La descente est laborieuse et nous souffrons presque plus que ce matin.

 

054-Le-fort-de-l-Esseillon-qui-barre-la-vall--e.jpgLe fort de l’Esseillon

Finalement, c’est presque avec soulagement que nous apercevons le fort du Télégraphe qui annonce la montée du col éponyme. Une pause au pied du col pour nous ravitailler et retirer nos vêtements chauds, le soleil donne pleinement et nous allons avoir l’occasion de chauffer.

 
Nous partons tranquillement dans notre dernière ascension du jour, mais pas des moindres. Certes, ce col n’attend pas les 2000mètres fatidiques, mais constitue quand même une belle montée, bien souvent sous-estimées par les cyclos mal renseignés. Les kilomètres passent et nous constatons que la route grimpe bien, au gré des panoramas sur la vallée. Je cherche désespérément un endroit où prendre en photo le fort du Télégraphe, mais en vain. Finalement, nous atteignons l’intersection de Valmeinier, annonceur de pentes plus clémentes pour les 2km nous séparant du sommet.

 

056-On-a-bien-grimp---depuis-Saint-Michel-de-Maurienne.jpgOn a bien grimpé depuis Saint-Michel de Maurienne

Après une courte pause, nous attaquons la descente. Lors de cette descente, je heurte un objet avec mon pied droit. Un rapide regard ne me permet pas d’identifier l’objet. Je suppose donc qu’il s’agit d’un débris quelconque. Arrivé à Valloire, il nous reste un dernier coup de collier, notre hébergement du jour étant situé dans la fameuse ligne droite séparant Valloire et Les Verneys

 

Alors que nous gravissons cette rampe, cyclo cherchant à déchausser et n’y arrivant pas, tombe devant nous. Heureusement sans gravité. Arrivé à l’appartement, je cherche mes lunettes dans ma sacoche. Je constate que celle-ci est restée ouverte, et que mes lunettes n’y sont plus. Je comprends alors que l’objet qui m’a heurté était vraisemblablement mon étui à lunettes. Après nous être douchés, nous remontons (en voiture) à l’endroit où il me semble les avoir perdues.

 
Nous les retrouvons. L’étui a été rejeté sur le bas-côté et est intact. Par contre, les lunettes sont restées au milieu de la route et sont absolument irréparables. Heureusement que j’étais parti avec deux paires. Le soir, nous allons manger au relais du Galibier où, apprenant ce que nous sommes en train de faire, on nous offre un plat de pâtes, en plus de nos plats.

 

La galerie photo est ici.

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