Route des Grandes Alpes (1/10) : Thonon les Bains - La Clusaz

Publié le par Saturnin

 Après une arrivée à Evian la veille au soir sous la pluie, nous nourrissons quelques inquiétudes face à la météo. Nous sommes conscients que bénéficier d’un grand soleil pendant les 10 jours de notre traversée serait miraculeux, mais si nous pouvions commencer sans pluie, moralement, cela nous aiderait. D’autant que la première étape est quand même longue et que nous devons gravir un des cols qui nous impressionne le plus de notre parcours.

 

001-Pluie-sur-le-lac-de-Gen--ve.jpgPluie sur le lac de Genève. La lumière n’est que le reflet du flash dans la vitre…

Finalement, le soleil brille quand nous nous levons et c’est sous le soleil que nous rejoignons Thonon-les-bains en voiture.

 

002-Lac-sous-le-soleil-au-r--veil.jpgC’est plus joli sous le soleil

Notre itinéraire de départ ne respecte pas scrupuleusement l’itinéraire officiel de la route des grandes Alpes. En effet, nous choisissons d’éviter la route de Morzine et le col des Gets que nous jugeons trop passante et optons pour la D26 qui nous fera franchir le col de la Jambaz.

 
Ce col monte doucement en sous-bois, sans difficulté majeure et constitue donc un bon échauffement pour la suite de la journée et du périple. Le pied offre quelques jolis points de vue sur la Dent d’Oche avant que les montagnes nous la masquent.

 

003-La-Dent-d-Oche-depuis-la-mont--e-de-la-Jambaz.jpgLa Dent d’Oche depuis la montée du col de la Jambaz

Au sommet nous retrouvons ma mère qui a assuré toute notre logistique de manière parfaite tout au long du trajet. Nous décidons de manger à Saint-Jeoire, que nous rejoignons rapidement après une jolie descente.

 
Après ce repas, il nous faut rejoindre le pied du col de la Colombière, aux environs de Cluses. Nous nous doutions que cette zone serait pénible à traverser, mais pas à ce point-là. Si nous effectuons rapidement le trajet Saint-Jeoire – Marignier, non sans avoir repéré les sommets qui doivent surplomber le col de la Colombière, la suite est plus laborieuse.

 

004-Les-sommets-en-direction-de-la-Colombi--re.jpgLes sommets en direction du col de la Colombière

Aucune indication de direction, et des gens qui ne sont pas spécialement prudent envers les cyclo. Les voitures nous rasent alors que la route est droite et parfaitement dégagée. Après quelques frayeurs et hésitations nous sommes à la quête d’un panneau « Route des Grandes Alpes » ou une direction « Le Reposoir ». En l’absence de ces deux éléments, nous interrogeons un autochtone qui nous confirme que nous sommes sur la bonne voie, mais émet des doutes quand à l’ouverture du col de la Colombière. Non pas à cause de la neige, malgré les chutes récentes, le col n’est qu’à 1613m pas assez haut pour que la neige tienne, mais à cause d’éboulements sur la route. Effectivement, quelques hectomètres plus loin, un magnifique panneau « Route barrée » nous fait face. Coup dur.

 

005-Et-merdre.jpgDamned ! Va-t-il falloir trouver une autre route ?

Heureusement, deux cyclos descendant de cette route passent à ce moment-là. Nous les interpellons, et ils nous rassurent en nous assurant qu’en vélo, il est possible de passer sans encombre, comme ils l’ont fait puisqu’ils viennent du Grand Bornand. Par contre, en voiture, rien à faire, il faut contourner. Avant de reprendre la route, ils nous souhaitent « Bonne chance » et nous avouent avoir été particulièrement impressionnés par les derniers kilomètres de la montée. Grâce aux téléphones portables, nous réussissons à joindre ma mère qui elle aussi tourne dans Scionzier cherchant des indications directionnelles. Nous ne retrouvons et lui indiquons un itinéraire de déviation.

 
Après ces émotions, nous voilà prêt à nous lancer dans cette ascension que nous devinons difficile, non sans avoir maudit une dernière fois les chauffards qui peuplent le secteur après que l’un d’eux nous ait fait une queue de poisson au volant de son camion. Le bas de la montée n’est pas spécialement facile, la pente moyenne est assez élevée, entre 7 et 8% avant d’atteindre un replat précédent Le Reposoir. Nous décidons de marquer une pause dans ce village avant de nous lancer dans la lancer dans les fortes pentes qui nous séparent du sommet.

 

006-Le-bien-nomm---Reposoir.jpgPause étirements / ravitaillement au Reposoir

Nous repartons donc pour les 7 km restant. Dès la sortie du Reposoir, village décidément bien nommé, les pentes deviennent plus fortes et surtout assez irrégulières, variant de 6% à 10 ou 12%. Nous qui craignons la pluie hier soir encore, nous subissons à ce moment-là un soleil dont nous passerions bien. Si le bas est ombragé, il n’y a désormais plus d’ombre. La vue sur la Chartreuse du Reposoir et les sommets qui la surplombent est certes agréable, mais pas suffisamment pour nous faire oublier la pente.

 

007-La-Chartreuse-du-Reposoir.jpgLa Chartreuse du Reposoir au milieu de la verdure

008-Les-sommets-au-dessus-de-la-Chartreuse-du-Reposoir.jpgLes sommets surplombant la Chartreuse

Nous continuons à gravir ces pentes fortement variable sans nous décourager, mais qu’on le veuille ou non, quelque soit l’entrainement, de telles pentes tirent forcément dans les jambes.

 

009-Ca----l-air-plat--mais---a-ne-l-est-pas.jpgL’impression de descente est un pur effet d’optique

Finalement, au détour d’une grande courbe à droite, après avoir bénéficié de quelques encouragements de marcheurs de retour de randonnée, nous apercevons le sommet et la « ligne droite » qui nous en sépare. Le terme de ligne droite n’est pas le plus approprié, mais il n’y a pas franchement de virage et tout au long de ce tronçon, nous aurons le sommet en point de mire. Ce qui est toujours délicat avec ce genre de passage est que moralement, on s’use à avoir l’impression que le sommet reste toujours aussi loin.

 

010-Le-col-l---bas-au-loin--et-la-route-accroch--e----la-montagne.jpgLà-bas, au loin, le sommet et la route accrochée à flan de montagne

La ligne droite est effectivement très dure, comme nous l’avait dit les cyclos croisés à Scionzier, mais nous avançons malgré la pente qui flirte avec les 10% sur le dernier kilomètre. Mon père commence à avoir des crampes dans les cuisses et accueille donc les travaux qui nous obligent à mettre pied à terre avec soulagement. Une fois ces quelques mètres de travaux passés, nous voilà au sommet ou ma mère vient d’arriver.

 

Nous nous restaurons et nous étirons en commentant ce col que nous supposions redoutable. Nous savons que nous avons franchi un des gros morceaux de la traversée. Mais l’étape n’est pas terminée pour autant, il nous faut encore rejoindre l’Auberge de Jeunesse de La Clusaz. Pour cela, nous descendons en direction du Grand Bornand, puis de Saint-Jean de Sixt.

 

Arrivé là, surprise, nous franchissons un col, celui de Saint-Jean de Sixt dont nous ignorions jusqu’à l’existence. A partir de là, nous sommes dans les pentes du col des Aravis, et les crampes dont mon père a été victime reviennent. Nous marquons une nouvelle pause pour effectuer quelques étirements supplémentaires. La fin de la montée est assez laborieuse, les 90km déjà parcouru et la terrible montée de la Colombière ont laissés quelques séquelles. Il y a encore quelques passages délicats dans la traversée de la station. Les trois kilomètres séparant le village de notre gite paraissent long à mon père qui n’est pas mécontent d’arriver.

 
Nous buvons une boisson fraiche pour nous réhydrater et récupérer un peu. Après la douche, nous descendons au repas ou nous retrouvons trois parapentistes. Ils débutent leur séjour dans lé région et espèrent eux-aussi une météo clémente pour les jours à venir.

La galerie photo est ici.

 

 
Quelques semaines plus tard, j’ai eu envie d’insulter un écrivaillon d’un grand quotidien régional qui sur une radio retransmettant le Tour de France a qualifié ce col de facile. Ce genre d’individu ne devrait pas avoir le droit d’écrire professionnellement sur un sport qu’il connait manifestement si mal. Notons que Guillaume Prébois qui s’y connait vraiment a décrit ce col de la manière suivante : « La première partie du col de la Colombière ne peut pas faire la différence d'autant qu'un faux plat intermédiaire permet carrément de remettre le gros plateau pendant deux kilomètres. Les sept derniers kilomètres d'ascension, et les trois derniers en particulier, sont redoutables. ». Je précise que Guillaume Prébois est un journaliste du Monde qui a parcourut les routes du Tour de France 2007 la veille des coureurs, accompagné par Fabio Biasiolo. Plus d’infos sur le site de « L’autre Tour ».

 

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