Paris-Brest-Paris : Mortagne-au-Perche – Villaines-la-Juhel

Publié le par Saturnin

Il fait toujours nuit et il pleut franchement quand nous repartons. Je ne sais pas quelle heure il est précisément, vraisemblablement autour de 5h du matin, mais Christophe nous dit que nous ne sommes pas en retard sur notre feuille de route, donc, tout va bien. La route continue d’onduler allègrement, mais la pause nous a fait du bien. 

Christophe connait relativement bien la région puisqu’il a vécu à proximité quelques temps, il nous fourni donc quelques renseignements utiles sur la topographie. Après le ravitaillement, les cyclos sont plus éparts et il n’y a plus franchement de groupe qui se soient constitués, nous n’en trouverons d’ailleurs plus jusqu’à l’arrivée ou presque. Cela nous permet de rouler sans trop de crainte de nous perdre. 

La route enchaine montée descente et si le jour commence à poindre alors que nous sommes du côté de Mamers, le soleil ne semble pas très décidé à faire son apparition. La pluie est toujours présente, mais je me console en me disant que d’ici le prochain contrôle, nous aurons retrouvé le soleil. C’est mathématique, en 4h, nous aurons parcouru 80, en considérant que le vent (défavorable, sinon ce n’est pas drôle) pousse les nuages à 20km/h également, il faudrait que le front nuageux soit large de 160km, ce qui me parait improbable. 

Alors que je me livre à ces calculs, je sens d’un coup que Christophe devient inquiet. Le visage fermé, il parle beaucoup moins. Bizarre, je discute avec Chrystel et lui fait part de mes observations. Elle va donc discuter avec lui et il a noté que nous avions désormais 45minutes de retard sur la feuille de route. Effectivement, il y a de quoi s’inquiéter car cela veut dire que nous avons perdu énormément de temps en très peu de kilomètres. 

Finalement, après vérification, il s’agit d’une simple erreur de lecture de la feuille de route. Notre retard n’est que de quelques minutes, rien de très inquiétant. D’autant que la météo n’est pas franchement favorable (vent de ¾ face et pluie) et que de nuit, on a toujours tendance à rouler moins vite. 

Finalement, mes calculs ne se révèlent pas trop absurdes puisque la pluie s’arrête, cela va nous permettre de sécher un peu. La route continue à alterner montées et descentes. Nous savions qu’il n’y avait pas de plat sur Paris-Brest-Paris, cela se confirme. Sur le bord de la route, un panneau nous indique la distance nous séparant de Brest, c’est encore loin… 

Nous grimpons les côtes chacun à notre rythme, mais Yann semble avoir un peu de mal. Je me porte à sa hauteur pour prendre de ses nouvelles. Il se plaint de n’avoir pas pu s’alimenter comme il le souhaitait à Mortagne et le paye maintenant. Je lui dis qu’il aurait du nous le dire plus tôt, nos poches de maillots étant abondamment garnis de barres, gels et gâteaux énergétiques. En plus de ça, à un moment, suite à une pause destinée à satisfaire un besoin naturel, il ne nous a pas vu repartir et était persuadé que nous étions derrière lui, et nous a donc attendu pour rien. 

Maintenant nous ne sommes plus très loin de Villaines-la-Juhel où nous pourrons prendre un bon petit déjeuner. Avant cela, il y a une belle côte qui nous attend. Ca grimpe en palier et c’est interminable, à chaque fois que nous pensons avoir atteint le sommet, un virage nous fait découvrir la suite de la montée. Enfin, c’est la dernière côte, elle est certainement destinée à nous ouvrir l’appétit. 

Enfin, nous descendons sur Villaines-la-Juhel où Jean-Jacques et Rodolphe nous attendent. Pendant que nous garons nos vélos, nous apercevons Jean-Philippe et Isabelle Battu qui eux repartent, nous croisons aussi une des participantes avec qui Chrystel a discuté hier soir, elle aussi s’apprête à repartir. 

Cela fait du bien d’être au chaud et de prendre un bon petit-déjeuner. Avant cela, nous sommes allés pointer. Pendant que je faisais la queue avec ma feuille de route une dame dit à son enfant de 5 ans en me désignant : « Tu as vu le monsieur comme il a l’air fatigué », puis réalisant que j’ai entendu, elle s’excuse. Je rigole et lui confirme qu’effectivement je suis fatigué. 

Jean-Jacques et Rodolphe sont là depuis un petit moment et nous signalent que certains cyclos sont déjà passablement émoussés tels ceux qui dorment sur la table à côté de la notre. Ils sont là depuis plus d’une heure, et Jean-Jacques doute de leur capacité d’aller au bout vu leur état actuel. Pendant ce temps nous savourons boisson chaude et viennoiserie. D’autant que la météo semble vouloir se remettre à la pluie comme en témoignait la bruine qui commençait à tomber à notre arrivée.

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Publié dans Paris-Brest-Paris

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