Paris-Brest-Paris : Saint-Quentin-en-Yvelines – Mortagne-au-Perche
Le coup de feu donnant le signal de l’aventure a retenti, nous voilà parti. Il faut croire que les nuages ont entendu le signal car la pluie se manifeste elle aussi. Quelques gouttes au départ puis plus franche. On prend soin d’éviter les lignes blanches et de prendre nos virages très large. Cela est facilité par le fait que toute la traversée de l’agglomération soit sécurisée.
Nos craintes sur le peloton de 600 se révèlent injustifiées. Il y a certes beaucoup de cyclos, mais relativement espacés, il faut toutefois rester prudent, surtout sur route la humide. Notre principale préoccupation dans la nuit est de ne pas nous perdre les uns les autres. Aussi, des cris « ATSCAF ? » retentissent régulièrement auxquels chacun répond.
Seul incident à déplorer, Christophe qui a fait tomber son bidon. Nous nous arrêtons pour l’attendre, sans incidence sur le plan de route.
Nous remémorant les conseils de Jean-Jacques, nous essayons de rouler à l’économie en nous abritant dans les roues. Pas évident de trouver un groupe qui roule à la même allure que nous, bien que le parcours ne soit pas encore trop accidenté. Nous en trouvons finalement un, 7 cyclos du même club qui roulent ensemble, 4 d’entre eux sont des récidivistes et encadrent donc les « débutants ».
Les kilomètres passent, les heures s’écoulent, alors que je m’attendais à être pris d’une envie de dormir cela ne semble pas être le cas. Peut-être s’agit-il des effets du café après plusieurs mois de sevrage de tout excitant (thé, café,…). Tout se passe bien pour l’instant, si ce n’est une douleur au niveau des cervicales suite à un brusque mouvement de la tête quand quelqu’un nous a signalé un danger sur la route.
La pluie s’est maintenant arrêtée et nous sommes dans un groupe qui s’est formé progressivement. Autour du 80ème kilomètre de nombreux cyclos se sont arrêtés auprès d’une boulangerie ouverte de nuit à l’occasion du départ. De nombreuses personnes sont présentes sur le bord de la route pendant les premiers kilomètres avant de se raréfier. Par contre, les motos des contrôleurs vont faire leur apparition, n’hésitant pas à arrêter les cyclos en défaut d’éclairage, mais aussi sécurisant les intersections à notre arrivée.
Le Perche et les premières bosses vont bientôt se présenter à nous. Comme si cela ne suffisait pas, la pluie semble vouloir faire son retour sous forme d’une petite bruine. Les signaleurs sont encore là pour nous guider dans la traversée du village. J’ai bien pris note de ce que Chrystel nous a rapporté de sa discussion avec l’une des responsables de l’organisation. A Longny-au-Perche, on tourne à droite, et ça grimpe fort. Nous avertissons donc nos compagnons de route pendant que nous passons le triple plateau. C’est la première fois que nous le passons, et nous savons qu’il vaut mieux être prudent, même si la côte se révèle moins difficile que ce que j’imaginais.
Le Perche marque le début des montagnes russes du parcours. On joue du dérailleur sous la pluie qui devient de plus en plus franche. Les côtes succèdent aux descentes et nous rapprochent du premier ravitaillement, à Mortagne-au-Perche. Nous apercevons les premiers véhicules d’assistance des participants avant même l’entrée dans la ville. Jean-Jacques et Rodolphe nous hèlent à l’arrivée de notre groupe. Heureusement, car je ne les avais pas vu, aussi, pour éviter de nous manquer à un contrôle, nous décidons de crier « ATSCAF ! » à notre arrivée à proximité des contrôles.
La pluie est maintenant franche, nous nous abritons sous un porche afin de nous ravitailler au sec. Le ravitaillement est en deux parties, une sur la place du village où nous nous sommes arrêtés et l’autre dans la salle communale un peu à l’écart. Les cyclos voyant une petite tente sur la place s’arrêtent quasiment tous provoquant un engorgement au niveau du ravitaillement. De notre côté, nous n’en souffrons pas car Jean-Jacques et Rodolphe sont garés juste à côté et nous avons pu accéder à notre ravitaillement.
Yann a filé au ravitaillement principal pour satisfaire un besoin naturel et quand il revient nous avons fini de nous ravitailler et sommes prêts à repartir. J’abandonne ma lampe frontale pour soulager mes cervicales car je peux à peine tourner la tête suite à mon faux-mouvement.