Paris-Brest-Paris : Brest – Carhaix

Publié le par Saturnin

A peine sorti des soins, je rejoins mes compagnons de route et nous repartons illico direction Carhaix. Nous savons qu’il nous faudra repasser le Roc Trévezel et Jean-Jacques nous a avertis de la difficulté de cette montée. Nous roulons nous approchant de cette montée. L’occasion de discuter avec un picard qui met sont expérience à profit pour conseiller le benjamin, 18 ans et quelques jours, de ce Paris-Brest-Paris qui l’accompagne. 

Nous profitons du soleil pour exhiber nos maillots de l’ATSCAF qui ont été fréquemment recouverts de nos vestes depuis le départ. La météo est tellement clémente que nous pouvons même nous permettre de rouler sans nos manchettes pendant quelques kilomètres. 

Nous retrouvons le couple Battu, bien content de profiter du soleil également. Nos allures ne nous permettent plus de rouler de concert alors que nous approchons du Roc Trévezel. Les tandems ne sont pas avantagés dans les côtes. Nous prenons chacun notre rythme. Christophe est devant, mes jambes me font moins mal mais je préfère monter prudemment. D’autant que nous comptions sur un vent favorable, mais ce dernier qui soufflait si fort pendant que nous descendions est maintenant retombé. 

Nous aurons aussi l’occasion de rouler avec un cyclo canadien dont le vélo ne dispose que d’un seul développement, un seul plateau et un seul pignon. Nous apercevons aussi le vélo avec le changement de vitesse par rétropédalage. Il faut être rudement costaud pour se lancer dans Paris-Brest-Paris sur de telles montures. 

Je fais une partie de la montée avec un picard, du même club que ceux avec qui j’ai discuté plus tôt. Il fait partie de la confrérie des 650 et a participé à tous les Paris-Brest-Paris depuis 1987. Selon ses dires, celui de 1987 avait été très arrosé également, même plus que celui-là. 

Depuis quelques kilomètres déjà, nous croisons des cyclos qui sont encore en route pour Brest. Etant donné les délais et la distance qui les sépare de la mi-parcours, il leur faudra être très fort pour rentrer dans les délais, et vu l’allure de bon nombre d’entre eux, cela ne semble pas possible. 

Je retrouve Christophe en pleine discussion avec des autochtones au sommet du Roc Trévezel. Il y a effectivement de nombreuses personnes sur le bord de la route pour encourager les participants à cette aventure qu’est Paris-Brest-Paris. Au bout d’un moment, nous appelons Yann qui nous indique être près du sommet. 

La discussion continue et nous ne voyons toujours pas Yann. Nous le rappelons, il est déjà dans la descente. Il ne nous a pas vus au sommet et a donc filé dans la descente. Christophe et moi sommes surpris et énervé par cela et, après avoir salué les bretons avec qui nous discutions et leur avoir donné rendez-vous dans 4 ans, nous partons pour la descente. 

Au cours de celle-ci nous apercevons un vélo portant un fanion de club de foot accroché sous sa selle. Christophe, en tant que supporter de l’OL note ce détail qui lui rappelle le cyclo avec qui nous avions roulé pendant quelques kilomètres sur le 600km de l’ASPTT. Effectivement, c’est lui, nous échangeons quelques mots avant de nous séparer, chacun continuant à son rythme. Il faut dire que notre homme n’est pas un grand bavard. 

A l’approche de Carhaix, je veux m’alimenter. Je pioche au hasard de mes poches abondamment garnies et en ressort un morceau de gâteau énergétique. J’en prends quelques bouchées, mais rien à faire, même en buvant, ça ne veut pas passer, au final, je le recrache avant que mon goût, saturé de ce parfum, ne me fasse rendre. 

Le soleil est toujours là et nous approchons de Carhaix. Yann est arrivé quelques minutes avant nous, à la surprise de Jean-Jacques et Rodolphe qui s’attendaient à nous voir arriver ensemble. Pendant que nous nous dirigeons vers le pointage Yann nous présente ses excuses, mais Christophe et moi sommes un peu énervé. Christophe dit à Yann que dorénavant nous roulerons chacun à notre rythme si les différences d’allure s’avèrent trop importantes, même si nous espérons pouvoir continuer à rouler tous les 3. 

Pendant le repas, la météo se couvre et une averse vient même humidifier la route. Cela faisait bien 15 heures que nous n’avions pas eu de pluie, et nous nous en étions très bien accommodés. Avant de repartir, nous nous enduisons les jambes d’huile camphrée pour nous protéger de la pluie. Une recette sans âge mais toujours efficace. Je me passe également un peu de pommade au niveau des tendons d’Achille, mes douleurs aux cuisses se sont déplacées vers le bas.

 
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Publié dans Paris-Brest-Paris

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