Paris-Brest-Paris : Carhaix – Brest
En partant de Carhaix, nous trouvons un couple ayant déjà fait Paris-Brest-Paris qui nous informe que la météo nous est quand même particulièrement défavorable cette année. Nous roulons avec eux et c’est un petit groupe qui va se former progressivement. Des nordistes, un italien vont ainsi nous rejoindre. Et nous espérons ainsi rejoindre Brest avec eux, et sous le soleil.
Malheureusement, cela ne durera pas, chacun s’arrêtant relativement rapidement ensuite. Dommage, nous aurions tous pu profiter du groupe, mais cela ne se fera pas. Nous sommes donc maintenant 4 à rouler ensemble : trois Atscafiens et un italien.
J’essaye de discuter avec lui, mais il ne parle pas anglais et pas très bien le français. Nous réussissons néanmoins à nous comprendre sans trop de difficultés. Il est venu faire Paris-Brest-Paris avec un copain, mais ils ne roulent pas au même rythme et a laissé son collègue derrière. Il nous dit aussi que sa première participation sera aussi la dernière tant il trouve l’épreuve difficile.
Alors que nous approchons du Roc Trévezel, nous dépassons un cyclo à l’allure exténuée. Il pédale mollement le dos voutés. Je discute un peu avec lui et essaye de lui remonter le moral en lui assurant qu’il peut toujours rentrer dans les 90 heures imparties. Au moment de le laisser, je lui donne une petite tape d’encouragement sur les dos et luis souhaite bon courage pour la suite.
Nous sommes maintenant dans la montée du Roc Trévezel. La montée n’a rien de terrible en elle-même mais de nombreux facteurs viennent la compliquer. Nous avons déjà 500km dans les jambes, il s’agit d’une succession de lignes droites et nous avons le vent de face…
Yann est un peu derrière Christophe et moi. Et nous gravissons cette difficulté chacun à notre rythme. Nous discutons aussi avec les cyclos qui nous entourent. C’est ainsi que je complimente un australien pour leurs maillots « Kangaroos next 1200km » que trouve très jolis. Je dépasse également un membre de la confrérie des 650. Et nous plaisantons quelques instants avec un américains sur un tricycle en lui demandant si nous pouvons nous accrocher à son vélo.
Nous nous regroupons au sommet du Roc Trévezel et amorçons la descente. Le vent est encore plus violent que dans la montée et il nous faut pédaler pour pouvoir avancer. Cette descente n’aura pas été de tout repos. Dommage car derrière, nous devons encore franchir les Monts d’Arrée vent de face.
Les douleurs dans les cuisses m’empêchent de relancer comme il le faudrait et je souffre donc sur ces petites routes toutes en virages et montées sèchent qui exigent des relances permanentes. Christophe m’est une nouvelle fois d’une aide précieuse dans ces moments difficiles. Si ce matin, le coup fut porté au moral, maintenant, le moral est là, c’est le physique qui me pose problème.
Pour traverser ces passages un peu difficiles, je retrouve un compagnon de route de la veille. Le fameux cyclo qui parlait d’abandonner est toujours là, et le soleil lui a redonné le moral. Nous devisons donc à l’approche de Brest. Yann m’attend alors que Christophe a préféré me laisser continuer à mon rythme.
Nous sommes maintenant sur le pont Albert Louppe, à Brest et je ne peux réprimer un sanglot en pensant que la moitié du chemin est parcourue. Il nous reste encore à rejoindre les hauteurs de Brest pour le contrôle et le ravitaillement. Je dis à Yann de continuer devant car je veux prendre en photo la pancarte d’entrée dans la ville. Une fois cette photo prise, je rédige un court et vengeur message pour l’accompagner et envoie prestement à mes parents et à quelques amis : « On mange et on rentre ». Effectivement, schématiquement, c’est ce qu’il nous reste à faire.
La montée sur les hauteurs de Brest me fait mal aux jambes, mais je sais que je tiens le bon bout. Arrivée au contrôle, Rodolphe m’a repéré et me guide au contrôle puis je rejoins les autres à table. Rodolphe et Jean-Jacques nous donnent des nouvelles de Chrystel. Elle peine un peu, mais si elle passe à Brest dans les délais, Jean-Jacques a bon espoir de lui faire rallier Saint-Quentin dans les temps. Nos deux précieux accompagnateurs ont aussi pu s’offrir un vrai repas dans un restaurant alentour.
Le repas avalé, Christophe part se faire masser. Et je vais à mon tour au médical. Je commence à avoir quelques irritations au niveau des mains. J’avais déjà eu des ampoules sur le 600km et j’aimerai éviter que cela se reproduise. Je vais également en profiter pour me faire masser les jambes. Des bobos bien anodins à côté de la personne qui est au médical en même temps que moi et qui souffre de terribles irritations à la selle. Irritations rendues plus fréquentes et plus sévères qu’à l’accoutumée par la conjugaison pluie / cuissard.