Paris-Brest-Paris : Carhaix – Loudéac

Publié le par Saturnin

Et nous voilà reparti à la nuit tombante pour 4 nouvelles heures estimées de vélo. Le moral est toujours bon, d’autant que Jean-Jacques et Rodolphe nous donnent des nouvelles rassurantes de Chrystel. Son genou tient le coup, sa tendinite ne s’aggrave pas, elle a pu passer à Brest dans les délais. Pour nous, connaissant la détermination et la volonté qui la caractérisent, elle ira au bout dans les délais. 

Jean-Jacques nous transmet également les encouragements des personnes qui l’ont appelé : Alain et Bernard principalement. Cela en plus des SMS que ces mêmes personnes ont pu nous envoyer, ou ceux de nos amis et parents. Ces encouragements nous font chaud au cœur, et nous ne sommes pas prêts de les oublier. 

Cette chaleur nous fait du bien au milieu de cette longue nuit qui nous attend à nouveau. Au bout de 10km, Yann qui était à côté de moi à ce moment-là a un problème et déraille. J’avertis Christophe qui était quelques rangs devant nous dans le groupe au sein duquel nous roulions. Conformément à notre décision, nous continuons, en souhaitant que Yann puisse nous rejoindre rapidement. 

Quelques instants plus tard, alors que nous approchions d’un obstacle quelconque, une voie retentie de l’arrière du groupe : « Attention au trou les gars ». L’expression étant couramment employée par Yann, nous sommes contents de le retrouver parmi nous. Quelques instants plus tard, je le hèle, mais seul un plaisantin essayant de se faire passer pour lui me répond. Yann n’est plus avec nous, nous espérons que son problème mécanique n’est pas trop grave. 

La route continue, nous passons avec prudence à l’endroit où nous avions observé la chute de ce matin, mais les chiens ne sont pas là pour provoquer d’autres accidents. Nous sommes maintenant au sein d’un autre groupe que nous avons rejoint sur les petites routes que nous parcourons. Ceux-ci sont bien abrités dans nos roues sans que nous ne comprenions bien pourquoi, car ils semblent pouvoir rouler plus vite que nous. 

Mis à part un ou deux français qui ont fait quelques apparitions sur le forum, les autres sont tous étrangers : danois et anglais pour la plupart. Alors que nous rejoignons une route de plus grand importance, nous comprenons alors pourquoi ils restaient dans nos roues. Leur éclairage était bien mois performant que le notre et leur visibilité était réduite sur ces petites routes. Après avoir profité de nos lumières, les voilà qui nous laissent sur le bord de la route, reprenant une allure bien supérieure à la notre. 

Alors que nous devons être à mi-chemin de notre étape environ, le sommeil commence à m’assaillir. J’ai beau essayer de discuter avec Christophe, au bout de plus de 48h ensemble, nous avons épuisé beaucoup de sujets de discussion et je commence à sentir mes yeux qui veulent se fermer tous seuls. 

C’est à ce moment-là que nous rejoignons un cyclo qui a l’air bien content de retrouver des compagnons de route. Il me propose de discuter pour lutter contre le sommeil. C’est avec grand plaisir que j’accepte, et nous voilà parti à discuter de nos expériences cyclotouristes respectives. Du haut de sa soixantaine, il a fait toute une série de brevets et randonnées. C’est un fervent adepte des Audax, formule qui l’a déjà vu parcourir plusieurs fois Paris-Brest-Paris. C’est la première fois qu’il se lance sur cette distance en randonneur. 

Sous une pluie qui fait son retour nous discutons Alpes, Pyrénées, Vercors, brevets, Audax. C’est un excellent ami des deux responsables du club de Seynod, avec qui Yann, Chrystel, Gilles et moi avions parcouru notre premier 300km (dans des conditions qui étaient prémonitoires) et qui est un excellent souvenir. Bref, cette discussion a permis de faire passer mon envie de dormir. Finalement, là où je m’étais arrêté pour manger un croissant le matin, lui s’arrête pour boire un café, nous laissant continuer jusqu’à Loudéac sans lui. 

La pluie se fait maintenant battante et par moment nous nous dirigeons plus au jugé qu’autre chose, grâce aux lumières des vélos qui nous précédent. En plus de ça, il nous faut être prudent car nos freins se sont faits beaucoup moins performants qu’au départ, usés par les poussières et gravillons qui se collent sous l’effet de la pluie. 

Comme à l’aller, l’arrivée sur Loudéac est interminable. On voit les lumières, mais on a l’impression de tourner autour en permanence sans jamais réellement nous rapprocher. Finalement, si, nous y voilà. Nous arrivons au contrôle, et toujours le même rituel : pointage, repas, médical (pas pour Christophe qui semble inusable). Ensuite, direction la douche où le responsable est content de nous accueillir et nous promet une bonne douche bien chaude. En sortant, alors qu’il nous demande si la température de l’eau nous convenait, je lui réponds qu’elle était trop chaude car après avoir reçu tant d’eau de pluie, nous avons perdu l’habitude de l’eau chaude. Cela le fait beaucoup rire et il nous souhaite bon courage pour la suite de notre périple. 

Ensuite direction le dortoir, où la foule de la veille n’est plus qu’un lointain souvenir. Certes, il est bien rempli, mais plus de file d’attente et nous pouvons aller dormir immédiatement, non sans avoir convenu de notre heure de réveil auparavant.

 
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Publié dans Paris-Brest-Paris

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G
Ben dis donc ... "chapeau" !Et dire qu'à cause de PBP, tu n'as plus voulu jouer au badminton avec moi ...
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S
<br /> Merci, mais ce tronçon-là ne fut pas le plus dur, malgré le sommeil. Le plus dur, ce fut Loudéac-Carhaix...<br /> Pour le badminton, ce n'est pas que j'ai pas voulu, c'est surtout que j'étais un peu blessé. Et une tendinite au tendon d'Achille, c'est long à cicatriser, je l'ai trainée jusqu'en décembre...<br /> <br /> <br />