Reconnaissance
Tant que je suis à parler de musique, je ne peux résister à vous citer un texte de Lacenaire, dont je viens de finir de lire les mémoires. Texte mis en musique par Fred de Fred et repris par Tristan-Edern Vaquette dans son spectacle et disque "Un siècle (et demi) de chanson française hardcore".
Pauvre et froissé d'une longue injustice,
Mon coeur souffrant chercha quelques amis,
Ils étaient loi, bien loi... Alors le vice
Et puis le crime ont payé le mépris.
Tranquille après, sous le poids de ma chaîne,
Pour mon repos, je niais la vertu;
Mais devant vous, j'ai regret de ma haine,
Je suis fâché de vous avoir connu.
Oui, je pensais : l'homme est un être infâme,
Sa bouche est douce et son coeur est amer;
Sous ses dédains il a broyé mon âme,
Je lui rendrai le mal que j'ai souffert.
Son sang, d'ailleurs, vaudra-t-il bien mes larmes ?
Larmes de rage ou d'amour trop déçu...
Mais il en est qui font tomber mes armes !
Je suis fâché de vous avoir connu.
Que j'ai longtemps, dans ma courte existence,
Vécu de fiel et d'horribles désirs !
Combien de fois, pour tromper ma vengeance,
Ai-je évoqué de sanglants souvenirs !
Puis, sans remords, en voyant venir l'heure,
Je me disais : c'est le sort du vaincu.
Près de mourir, faudrait-il que je pleure ?
Je suis fâché de vous avoir connu.
Reconnaissance
(Pierre-François Lacenaire / Fred de Fred)
(Pierre-François Lacenaire / Fred de Fred)
Pauvre et froissé d'une longue injustice,
Mon coeur souffrant chercha quelques amis,
Ils étaient loi, bien loi... Alors le vice
Et puis le crime ont payé le mépris.
Tranquille après, sous le poids de ma chaîne,
Pour mon repos, je niais la vertu;
Mais devant vous, j'ai regret de ma haine,
Je suis fâché de vous avoir connu.
Oui, je pensais : l'homme est un être infâme,
Sa bouche est douce et son coeur est amer;
Sous ses dédains il a broyé mon âme,
Je lui rendrai le mal que j'ai souffert.
Son sang, d'ailleurs, vaudra-t-il bien mes larmes ?
Larmes de rage ou d'amour trop déçu...
Mais il en est qui font tomber mes armes !
Je suis fâché de vous avoir connu.
Que j'ai longtemps, dans ma courte existence,
Vécu de fiel et d'horribles désirs !
Combien de fois, pour tromper ma vengeance,
Ai-je évoqué de sanglants souvenirs !
Puis, sans remords, en voyant venir l'heure,
Je me disais : c'est le sort du vaincu.
Près de mourir, faudrait-il que je pleure ?
Je suis fâché de vous avoir connu.
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