Déroute désarmé
Le précédent conflit remontait à quelques années déjà. C’était une guerre de tranchée longue et douloureuse qui avait laissé une armée de jeunes appelés exsangue. Pour une raison étrange, les survivants avaient choisi de s’engager plutôt que de retourner à la vie civile.
D’autres guerres avaient éclatées depuis, bien moins mortelles que la première. C’était désormais une armée expérimentée qui montait au front, mais pas la fleur au canon, faut pas déconner non plus. Les hasards de la désorganisation hiérarchique avaient conduits à la nomination d’un nouveau général.
Ce général en remplaçait un autre soupçonné de trop vouloir épargner ses troupes devant la violence des combats et la barbarie inconsciente de l’adversaire. Ce changement fut vécu comme un progrès sensible par les différents bataillons placés sous ce nouveau commandement, mais aussi par l’adversaire qui espérait ainsi enfin pouvoir laisser libre cours à ses instincts cruels les plus bas.
Là-bas non plus, tout n’avait pas été rose. Des désertions massives s’étaient produites au plus haut-niveau. La barbarie n’étant pas toujours appréciée à sa juste valeur, même chez les militaires.
Nous en étions là, le conflit était violent, mais cette fois, pas question de se laisser entrainer dans une guerre des tranchées aussi inutile qu’usante. Les bataillons étaient décidés à mener une guerre courte afin d’épargner un maximum de personnes.
Alors que les hostilités battaient leur cours, le général n’eut d’autre idée que de procéder à des exécutions[1] pour l’exemple afin de faire comprendre que ce n’était pas ainsi qu’il entendait mener les hostilités. Cette campagne affaiblissant les forces vives à grande vitesse était appuyée par un président ignorant tout des réalités du terrain et vouant une confiance fanatique à son général.
Les premières désertions ne tardèrent pas à apparaitre, mais une habile campagne publicitaire auprès de la jeunesse vaillante et patriotique assura des renforts, de même que l’embauche de mercenaire.
Au bout de plusieurs mois de ce régime, les soldats expérimentés, harassés à force de règlements de compte en interne en plus de la guerre décidèrent de déserter. C’était là le seul salut, la mort n’étant pas une alternative enviable.
La décision était prise : déserter, après avoir écrit une dernière lettre au président. Non sans semer des mines derrière afin de dissuader toute tentative de poursuite.
Note : ce texte fait référence à un autre texte figurant sur un des sites présent dans mes liens. Ami(e) lecteurtrice, sauras-tu le retrouver ?
PS : Merci à Graoully Ecarlate et Paladin Cynique pour leurs avis.
[1] Comme cela était évoqué dans les brillants ouvrages lui servant de référence et considérant la stratégie française de la guerre de 14-18 (celle qu’il préfère, mais qu’il est bien content de ne pas faire) comme une brillante réussite puisque l’Alsace et la Lorraine avaient été récupérées.