Au rang des nouvelles amusantes, un nouveau contrôle positif sur le Tour de France (le 4ème selon les journalistes qui ne comptent que les cas à la CERA, le 7ème en
réalité : Duenas [EPO], Beltran [EPO], Ricco [EPO-CERA], Fofonov [Stimulant], Piepoli [EPO-CERA], Schumacher [EPO-CERA], Kohl [EPO-CERA]). Le 3ème du général, qui était encore un inconnu du grand
public (les spécialistes se rappelaient de ses prestations sous le maillot T-Mobile dans le Dauphiné 2006 et de son titre de Champion d’Autriche cette même année, rappelons que c'est cette année
là qu'Ullrich a été écarté du départ du tour et qu'il existe des rumeurs insistantes de dopage sanguin autour de son équipe) début juillet vient de se voir notifier un contrôle positif à la
CERA, comme son compagnon de chambrée, Stefan Schumacher, il y a quelques jours. Apparemment d’autres noms vont encore être révélés. J’attends avec impatience ces nouveaux noms et vu ce que j’ai
pu lire, je ne serai pas surpris que la CSC soit enfin récompensée.
Cette équipe, CSC, qui depuis plusieurs saisons se vante de son programme anti-dopage interne vient de faire un communiqué qui sonne comme un aveu. Ils ont annoncés qu’ils allaient refaire des
tests pour détecter l’EPO de type CERA. En gros, ils reconnaissent qu’il est possible que certains de leurs coureurs se soient dopés à l’EPO. Hors, si leur suivi médical est aussi strict qu’ils
le prétendent, ils auraient du s’apercevoir de variation de certains paramètres sanguins. Il semble que ce ne soit pas le cas, pour un naïf, c’est bizarre, pour quelqu’un avec un minimum de
mauvaise foi (ou d’esprit critique), c’est logique. Pour résumer, CSC paye un labo pour détecter le dopage éventuel de ses coureurs. A partir de là, on peut s’interroger sur le rôle préventif de
ces contrôles, préviennent-ils l’équipe d’éventuelles dérives dopantes ou préviennent-ils l’équipe d’éventuels contrôle positif. Cela rejoint la problématique des médecins d’équipe, sont-ils là
pour veiller à la bonne santé des coureurs ou pour les améliorer ? Le fait que jusqu’à une époque récente certains médecins aient été payés au résultat ne laisse pas beaucoup de doutes sur la
réponse.
CSC se vante de ce système depuis plusieurs années et l’a évoqué l’an passé pour justifier qu’elle n’ait pas conservée Rasmussen dans son effectif fin 2002. Dans le même temps, le même système a
échoué à dépister le dopage de Hamilton, de Basso, de Jackshe. On peut donc s’interroger sur la réelle efficacité (ou le réel but, si on est de mauvaise foi) de ses contrôles.
J’oubliais, Basso ne s’est jamais dopé, il juste été se faire prélever des poches de sang pour le cas où il aurait eu besoin de se doper sur le Tour. On a prévu des circonstances atténuantes pour
les cyclistes qui collaborent à l’enquête. Quelle erreur d’oublier des circonstances aggravantes pour ceux qui nient puis refusent de collaborer et méprisent les autorités sportives de la
sorte.
Le contrôle positif de Kohl m’incite aussi à penser qu’il faudra un jour se pencher sur les membres de l’encadrement d’équipe dont le recours au dopage a été avéré pendant la carrière. L’équipe
Gerolsteiner (une eau minérale, je vous assure que c’est vrai) avait décidé de maintenir certains membres de son encadrement malgré des aveux de dopages l’an passé. Aujourd’hui, cette même équipe
est dans la tourmente (pas pour longtemps, elle disparaît en fin de saison) pour des problèmes de dopage. L’équipe CSC, évoquée plus haut, semble dans une situation peu confortable. L’équipe
dirigée par Mauro Gianetti (les chaudières Saunier Duval), dont le passé est plus que trouble comme le suggère son séjour en soin intensif lors du Tour de Suisse 1998 pour des motifs jamais
vraiment élucidé, a connu deux cas de dopage. Je suis d’accord pour admettre que mes exemples peuvent être contestés car ils ne sont pas les seuls dirigeants d’équipes à s’être dopés, mais je
pense que Riis et Gianetti sont allés plus loin en matière de dopage que beaucoup de leurs collègues. Riis était surnommé « Monsieur 60% », rapport à son taux hématocrite (aujourd’hui, un coureur
au-delà de 50% est placé en arrêt pendant 15 jours, de mémoire quand vous faites une prise de sang la borne normale supérieure est à 52%) et pour Mauro Gianetti on a évoqué un produit qui était
encore en phase de test clinique à l’époque : le PFC.
A part ça, Basso va bientôt reprendre la compétition. Il parait qu’il bas déjà les records de sa grande époque. Voilà une nouvelle preuve que le dopage ne sert à rien…
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