La veille au soir, après un enchainement pâtes / pizza destiné à nous mettre à l’abri de toute défaillance aujourd’hui, nous avions demandé la route du Colle delle Finestre à nos hôtes. C’est très simple, et malgré nos rudiments d’italiens, leurs bases en français nous permettent de nous comprendre. Nous n’avons pas de problèmes à trouver la route.
Très rapidement nous grimpons au-dessus de la vallée sur une route en forêt où les épingles s’enchainent. Pour passer le temps, Michel chante. Après une adaptation de « L’homme à la moto » interprétée par Edith Piaf, devenu « L’homme au vélo » la veille, c’est « Dieu fumeur de havane » de Serge Gainsbourg qui aujourd'hui devient « Je suis un mangeur de bananes ».
Quelques voitures nous dépassent sur cette route, mais nous sommes globalement très tranquilles jusque là. La circulation va s’intensifier passé le début du chemin. En effet, arrivé à une ferme et à un monument, la route se termine, et quelques voitures sont stationnés là et semblent vouloir monter plus haut. Profitant qu’elles soient encore arrêtées, nous passons.
Le rendement change d’un coup, on se met à patiner un peu sur cette piste en poussière fine, le temps de trouver le braquet qui va nous permettre d’avancer correctement. Nous sommes également à découvert, le début de la piste marquant également la fin de la forêt. Nous dépassons des motos qui marquent une pause le long du chemin, elles se vengent peu après en nous rattrapant et nous noyant dans un nuage de poussière.
A notre tour, nous marquons une pause pour nous ravitailler, cela fait maintenant plusieurs heures que nous roulons et il est temps de refaire le plein pour éviter les mauvaises surprises. Nous sommes au milieu des alpages et essayons de deviner où se situe le col. Mais les nuages qui se sont accrochés sur les sommets nous en empêchent. Nous voyons quelques fermes et bergeries, mais rien d’autre.
Nous allons ensuite rentrer dans les nuages en même temps que nous sommes rejoints par bon nombre de voitures. Cela nous semble inexplicable que tant de voitures empruntent cette piste. Nous avons l’explication quelques hectomètres plus loin. Il y a une fête de village qui est organisé là. Des tentes sont disposées et les gens sont tout occupés à préparer le repas. Si les nuages ne se lèvent pas, le repas risque d’être pris au frais, car à 2000m, la température est fraiche en l’absence de soleil.
Michel émerge du brouillard
L’altimètre de Michel indique que nous devons plus être bien loin du sommet. Effectivement, nous distinguons les sommets alors que les nuages laissent apparaitre un ciel bleu qui ne nous quittera plus jusqu’à notre retour à Susa. D’autres cyclos nous ont rejoints et dépassés, le plus véloce d’entre eux était même sur un vélo de route équipé de pneus classiques. En voilà un qui n’a pas peur des crevaisons.
Le fort à l'approche du sommet
Un dernier coup de collier et nous aurons gravi le premier des 10 cols que nous franchirons aujourd’hui, le Colle delle Finestre.
Arrivés au sommet, nous nous restaurons rapidement devant la plaque en l’honneur de Di Luca, vainqueur de l’étape du Giro qui passait là en 2005, par la route que nous avons gravis. Par contre, ils redescendaient directement dans la vallée pour rejoindre Sestriere alors que nous allons rester sur les crêtes.
Mais avant de rester sur les crêtes, il va falloir y remonter car la route redescend jusqu’au Pian dell’Alpe. C’est là que nous quittons la route pour retrouver la piste. C’est par là qu’ont lieu les travaux qui font que la route est barrée en semaine. Mais comme nous sommes en week-end, nous passons sans encombre. A peine marquons-nous une pause pour jeter un œil sur la vallée de Sestriere qui est en dessous de nous.
Nous voilà parti pour une longue ascension, nous sommes redescendus à moins de 2000m et il nous faut ensuite rejoindre le Colle dell’Assietta qui culmine à près de 2500m. La montée se fait tranquillement au rythme des motos qui nous dépassent et des cyclos qui sont plus à l’aise que nous sur leurs VTT tout suspendu.
La route accrochée à la montagne
Le temps est maintenu venu de marquer la pause méridienne. Nous posons nos vélos et nous asseyons de la manière la plus confortable possible au bord de la piste. Le pain, la charcuterie et les biscuits nous permettent de reprendre des forces avant la belle montée que nous voyons devant nous qui passe un éperon rocheux. Nous avons le loisir d’examiner le parcours en observant les cyclos et motards qui passent pendant que nous nous restaurons.
Michel craignait que nous ne mettions plus de temps que ça à franchir ces épingles et cet éperon rocheux qui nous masquaient le Colle Dell’Assietta. Finalement, nous l’avons devant nous.
La Testa Dell'Assietta droit devant
Quelques instants plus tard, nous voilà au col où nous marquons une pause. Certains des vététistes que nous avons vus passé pendant notre repas sont là, prêts à repartir.
Des 4x4 nous dépassent, mais ce sont presque les derniers que nous rencontrons. Ils s’arrêtent d’ailleurs peu après nous avoir dépassés au refuge de l’Assietta que nous laissons à notre gauche. Les VTT qui étaient avec nous au sommet du col sont maintenant devant, on voit que ce sont des habitués du VTT, ce qui est loin d’être notre cas.
Passé le col, la route ne redescend pas comme il me semblait. Le col suivant, Colle Lauson, culmine à 2497m, et la route monte à près de 2550 avant que nous ne redescendions pour le franchir. Avant ça, nous aurons pris une petite photo près d’une congère restante.
Une fois le Colle Lauson franchi, une belle descente nous attend pour rejoindre le Colle Blegier qui est près de 100m plus bas. Pas question de faire des records de vitesse, nous sommes en VTT sur un chemin pas toujours très bon, même s’il ne présente pas de difficulté technique particulière.
Passé ce col, la piste continue à descendre, ce qui n’est pas forcément de bon augure pour la suite car il nous reste encore quelques cols relativement hauts à franchir.
En effet, quand cela remonte la fatigue commence à se faire sentir. C’est un vrai morceau de bravoure qui nous attend. Ce n’est pas spécialement long, mais la pente est rude. Les vélos louvoient, non pas pour atténuer la pente mais parce qu’à notre allure on ne maitrise plus très bien la direction. Jusqu’au moment où la roue avant se plante dans une ornière nous obligeant à déchausser. Rage de n’avoir pu l’éviter et de mettre pied à terre pour la première fois que la journée, mais en même temps soulagement car ça tirait vraiment dans les jambes.
La piste suspendue dans le vide
Une fois la difficulté passée, une nouvelle descente s’offre à nous pour aller cueillir le Colle de Costa Piana et le Colle Bourget.
La piste remonte ensuite doucement jusqu’aux derniers cols du parcours, le Colle Basset et le Colleto Costa Terceira ou nous marquons une dernière pause. Un conducteur de 4x4 est là, fumant son cigare et discute avec Michel pendant que je fais un petit film panoramique.
Un petit panoramique avant la descente
La suite n’est qu’une longue descente vers Sestriere où nous nous arrêtons boire un Coca pour fêter notre route des crêtes. Nous aurions bu un grand vin, nous aurions pu considérer cela comme un dernier goût de paradis avant de retrouver la route.
La descente jusque Cesana Torinese nous permet de nous réhabituer au bitume et à la présence de voiture. Après plusieurs heures au grand air, c’est dans les fumées d’échappement que nous rallions Susa par la nationale.
Nous rejoignons notre B&B puisque fort gentiment les propriétaires nous avaient proposé de laisser notre voiture. Pendant que nous chargeons, nous discutons avec le propriétaire. Son avis de loueur de motos et de quads n’est pas le même que le notre sur l’accès à cette route des crêtes. C’est sûr que les motos et quads dégradent la piste, notamment dans les épingles, mais si j’étais motard il est probable que j’éprouve du plaisir à me promener sur ces pistes.
Nous rejoignons ensuite Bardonecchia où nous attends notre hôtel. Il porte le nom du col que nous avons inscrit à notre programme du lendemain : le Sommeiller. Après avoir tourné en rond pour réussir à le trouver, nous profitons de la douche pour nous débarrasser de la poussière qui nous collait aux jambes. Nous avons juste le temps de passer à l’office du tourisme pour consulter la carte et localiser plus précisément notre but du lendemain.
La galerie photo est ici.
Pour les amateurs, j'avais prévu de mettre le parcours et le profil tiré d'OpenRunner, mais Over-Blog refuse obstinément que je les insére et me supprime ça sans me
prévenir, voici donc un simple lien qui vous permettra de consulter ça. Avec les vidéos supprimés et les difficultés à
centrer certains éléments (vidéo ou lecteur deezer, la plate-forme est parfois peu pratique, il faut que je réfléchisse à une éventuelle solution de repli).
Vue sur Venaus
Route en construction
Les épingles droit devant
nous


Derniers Commentaires