Nous, comprendre Magali & Bruno Maillol et moi, à Hauteville en même temps que Raymond. Nous sommes largement à l'heure pour récupérer nos plaques de cadre et
déposer nos sacs, cela même si le départ a été avancé à 11h30 au lieu de midi. Evelyne est partie bien plus tôt, quant à Bernard, la faculté lui interdisant la montagne, il tourne dans les
environs et chasse les cols plats. Comme le départ a été avancé, nous avisons Alain qui, en voisin, nous avait dit qu'il passerait. Il arrive peu de temps avant le départ et partage avec nous les
cerises qu'il a ramassées avant de venir.
Nous nous élançons dès l'ouverture car le parcours du jour est long. Nous avions demandé à être hébergé à proxmimité du Poizat, de manière à équilibrer les deux
journées, soit environ 100km par jour, mais nous sommes hébergés aux Plans d'Hotonnes, soit environ 120km. Nous avons auparavant constaté que de nombreux cyclos anticipaient le départ.
Le parcours commence par une descente, celle des gorges de l’Albarine, jusque Tenay. Il y a quelques passages où il faut être prudent car en arrivant nous avions
repéré des pierres sur la route. Le temps est frais et gris, mais bien loin du déluge que Météo Farce avait initialement prévu.
Après la descente, il nous faut remonter sur Indrieux, Arandas puis Ordonnaz. Chacun prend son rythme dans la montée. La route est parallèle à celle que nous avons
empruntée la semaine précédente lors de la sortie club au calvaire de Porte. C’est dans cette montée, peu avant Ordonnaz, que la pluie nous rattrape une première fois.
Le frugal ravitaillement est situé sous le préau d’une cours d’école. Ceux qui sont passé plus tôt en ont profité pour s’abriter, ce ne sera pas notre cas puisque
la pluie a cessé. Le soleil n’étant pas encore de la partie, la descente sur Contrevoz est glaciale. Heureusement, la montée du col du ballon nous donne l’occasion de nous réchauffer.
Nous nous réchauffons jusqu’Armix où la pluie nous rattrape une nouvelle fois. Elle s’intensifie alors que Raymond et moi attendons à Prémilieu. Raymond en profite
pour jouer les guides touristiques en indiquant aux cyclos arrêtés le gigantesque chaudron de cuivre que l’on peut trouver dans le village.
Une fois que Bruno & Magali sont arrivés, nous terminons l’ascension sous une pluie froide et un vent qui mérite le même qualificatif. Heureusement, la pluie
cessera peu après le sommet du col. Nous profitons ensuite du soleil qui fait une apparition et du vent qui nous pousse alors que nous roulons sur le plateau. Cela ressemble beaucoup à certains
paysages du Jura, à croire que le Bugey fait partie de ce massif.
Nous sommes dépassés par la voiture d’assistance d’un participant qui bifurque à droite. Nous pensons que c’est pour faire une pause. Mais non. Les flèches au sol
indiquent que nous devons nous aussi emprunter cette route qui grimpe fort. Dommage nous étions bien sur le plateau, avec le vent favorable.
Nous redescendons ensuite sur Hauteville par cette petite route forestière sur laquelle il faut être prudent. La route est étroite, humide, gravillonée et
avec des trous. Après 50m de boue dans la descente, nous apercevons la salle d’Hauteville d’où nous sommes partis et où nous attend le second ravitaillement du jour.
Nous repartons ensuite plein Nord. Vu le ciel menaçant, je ne réussis pas à convaincre Bruno de m’accompagner chasser les quelques cols qui sont proches du
parcours. Effectivement, une averse nous surprend alors que nous arrivons aux alentours de Champdor.
Passé Brénod, nous franchissons le col de la cheminée. Il n’est pas très dur, mais Magali donne quelques signes de fatigue. Peut-être le contre-coup du rythme
soutenu auquel nous avons roulé depuis Hauteville.
Après le col de la cheminée, nous repiquons plein Nord sur une route qui grimpe gentiment, mais les kilomètres commencent à se faire sentir. Alors que nous
bifurquons en direction du col de Belleroche, nous apercevons une biche qui saute dans les herbes. Je profite d’être légèrement devant avec Raymond pour aller chercher le col de Belleroche qui
est à 500m de là.
Nous descendons ensuite en direction du Poizat. Nous sommes rattrapés par les cyclos du Comité d’Entreprise MBK que nous avons déjà vu de nombreuses fois
aujourd’hui. Bien souvent, ils étaient arrêtés au bord de la route à réparer des crevaisons avant de nous dépasser quelques kilomètres plus loin. Une nouvelle fois, nous les dépassons pendant
qu’ils réparent leur 6ème ou 7ème crevaison de la journée. Il y a des jours comme ça…
Nous filons pour aller pointer au Poizat. Sauf que nous ne trouvons pas le pointage. Il y a bien des flèches (décollées par la pluie) qui conduisent à la salle,
mais celle-ci est occupée par les dames du village qui fêtent la fête des mères, comme nous le dira Raymond qui est allé au renseignement. C’est donc sans le précieux sésame qu’est le coup de
tampon sur nos cartes de route, nous nous lançons dans la dernière montée du jour, celle du col du Bérentin.
La montée n’est pas très dure, mais les kilomètres commencent à peser dans les jambes, d’autant que la température commence à baisser, suivant le soleil qui
décline. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de notre hébergement, nous voyons les nuages se faire de plus en plus menaçants.
Nous bifurquons à gauche en direction des Plans d’Hotonnes, en espérant que la pluie attendra encore 20 minutes, le temps que nous atteignions le gite. Nos espoirs
sont vains. Une minute plus tard, une violente averse s’abat sur nous et nous sommes rapidement trempés comme des soupes. Bien plus que nous avions pu l’être tout au long de la journée.
Heureusement l’hébèrgement n’est plus très loin. Sauf que personne, moi le premier, ne se rappelle du nom du gite. Il nous faut donc nous arrêter pour regarder dans
les papiers que nous a remis l’organisateur. En lisant ce fameux document, je m’aperçois que l’organisateur n’avait pas prévu que nous fassions la boucle du Poizat aujourd’hui, mais que nous
rejoignions directement le gite après le col de la cheminée. Je ne dis rien à mes compagnons de route, histoire de ne pas m’attirer leurs foudres en plus de la pluie. En repartant, j’ai tellement
de buée sur mes lunettes (de soleil, j’étais vraiment optimiste pour la météo du jour) que je fais les quelques hectomètres restant sans.
A l’arrivée au gite, Evelyne sort à notre rencontre. Nous allons vite poser nos vélos puis nous mettre au chaud et nous sécher, car tout le monde n’attend plus que
nous pour le repas. Nous racontons notre mésaventure au Poizat et Evelyne et Bernard nous expliquent que le pointage n’ouvre que le dimanche matin à 8h. Du gite nous ne sommes pas les seuls à ne
pas avoir pointés, d’autres ont fait comme nous et n sont pas très motivés non plus pour y retourner le lendemain.
Alain, qui est passé en voisin avec Odile, nous propose de prendre nos cartes de route pour pointer quand il passera le lendemain puisqu’il est inscrit pour la
journée. Mais nous déclinons car cela risque de nous poser problèmes pour le repas du lendemain midi à Virieu-le-Petit où nous serons vraisemblablement avant lui.
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